
Si une expression authentique se caractérise par l'usage d'un langage propre - comme Chloé -, alors il est difficile de trouver plus inauthentique que le futur film en costume de Tarvernier, la Princesse de Montpensier.

Pour Aristote, l'art est une imitation du réel. Le film de Tavernier, lui, n'imite pas le réel, mais le cinéma : la fumée artificielle qui flotte sur les douves de son château, par exemple, il ne l'a pas vue dans le réel, mais dans de nombreux films d'époque où de la fumée flotte pour signifier qu'il s'agit d'une époque de ténèbres. Et cette fumée lui a d'ailleurs tellement plu qu'il en a fait flotter jusque dans la chapelle (il est vrai qu'on n'y célèbre pas un mariage d'amour).
Son film est donc une imitation d'imitations, un pastiche. Robert Bresson, qui détestait les pastiches, comparait les pasticheurs à ces fous imitant Napoléon, dont la nature n'était pourtant pas d'imiter.
Mais on peut aussi défendre l'usage du pastiche, ce qui fera l'objet d'une future note.





